En résumé
Le congé supplémentaire de naissance 2026 est un nouveau droit mis en place au 1er juillet 2026 permettant à chaque parent de bénéficier de 1 à 2 mois de congé indemnisé sur la base de son salaire net antérieur (70 % le 1er mois, puis 60 % le 2e, dans la limite de 72,81 € puis 62,41 € par jour), à prendre dans les 9 mois suivant l'arrivée de l'enfant. Ce dispositif s'ajoute aux congés de maternité et de paternité existants.
Que vous soyez salarié, fonctionnaire ou indépendant, voici tout ce que vous devez savoir pour préparer votre projet de parentalité avec l'entrée en vigueur de cette grande réforme.
Quels sont les points clés du congé de naissance ?
Contrairement au congé parental d'éducation classique (CPE) qui peut durer jusqu'aux 3 ans de l'enfant avec une indemnisation forfaitaire de base fixe et très faible, ce nouveau congé cible une période courte et intense : les 9 premiers mois de l'enfant.
- Durée : Chaque parent peut bénéficier de 1 à 2 mois de congé.
- Flexibilité : Vous pouvez le prendre en une seule fois ou le fractionner en deux périodes d'un mois chacune.
- Partage : Les deux parents peuvent prendre leur congé simultanément (pour être ensemble à la maison) ou l'un après l'autre (pour allonger la présence d'un parent auprès de l'enfant).
Combien serez-vous payé ? (Indemnisation et plafonds)
C'est la grande avancée de cette réforme ! Alors que la PreParE (Prestation Partagée d'Éducation de l'Enfant) offre un forfait de 459,69 € par mois en cas de cessation totale d'activité, le congé de naissance de 2026 garantit un maintien partiel de votre propre salaire net.
L'indemnisation est dégressive pour encourager une reprise d'activité progressive :
- Le premier mois : 70 % de votre salaire net antérieur.
- Le second mois : 60 % de votre salaire net antérieur.
Attention au plafond, plus bas qu'on ne le croit
Les taux de 70 % et 60 % s'appliquent à votre salaire net retenu dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026). L'indemnité est donc plafonnée en euros par jour : 72,81 € le premier mois et 62,41 € le second, soit au maximum 2 184 € puis 1 872 € sur un mois de 30 jours (source : ameli.fr).
Autrement dit, ce plafond correspond à 70 % et 60 % de l'indemnité journalière maximale du congé maternité (104,02 € en 2026). Il commence à mordre dès que votre salaire brut dépasse 4 005 € par mois. Attention aux contenus qui annoncent 70 % du PMSS, soit près de 2 800 € : c'est plus de 600 € par mois de trop.
Travailleurs indépendants : un forfait, pas un pourcentage
Les indépendants ne perçoivent pas un pourcentage de leur revenu mais des indemnités journalières forfaitaires : 43 € nets par jour le premier mois et 36,85 € le second, dès lors que leur revenu annuel moyen d'activité atteint 4 582 €. En dessous de ce seuil, l'indemnité tombe à 6,14 € par jour, identique sur les deux mois. Les professionnels de santé conventionnés et auxiliaires médicaux relèvent des mêmes montants.
Les conditions d'accès à ne pas découvrir trop tard
Le congé supplémentaire de naissance n'est pas automatique. Pour être indemnisé, un salarié doit justifier de 6 mois d'affiliation à la Sécurité sociale à la date de début du congé, et avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils précédents (ou avoir cotisé sur une base d'au moins 1 015 fois le SMIC horaire sur les 6 derniers mois).
Trois règles complètent le cadre :
- Le congé ne peut démarrer qu'après épuisement du congé de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant ou d'adoption auquel le parent a droit.
- C'est un droit individuel et non transmissible : un parent ne peut pas céder ses mois à l'autre.
- L'indemnisation n'est pas cumulable avec la PreParE, les allocations chômage ou d'autres indemnités journalières (maladie, maternité, paternité). Les dispositifs s'enchaînent, ils ne se superposent pas.
Qui est éligible et quid de la rétroactivité ?
Ce dispositif gouvernemental se veut universel. Il concerne les salariés du privé (CDI, CDD, intérim), les agents de la fonction publique, ainsi que les travailleurs indépendants (qui bénéficieront d'indemnités journalières calculées sur les mêmes ratios).
La bonne nouvelle pour les bébés de début 2026 : Le dispositif est rétroactif. Si votre enfant naît entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, vous bénéficiez du droit au congé. Vous pourrez le poser à partir du 1er juillet 2026 et aurez jusqu'au 31 mars 2027 pour l'utiliser.
Comment organiser la demande de congé avec son employeur ?
Le congé de naissance est un droit opposable, l'employeur ne peut pas le refuser (voir les détails sur le Code du Travail). Voici les 4 étapes à suivre (Checklist officielle) :
- Vérifiez votre éligibilité : L'enfant doit être né à partir du 1er janvier 2026.
- Épuisez vos autres congés : Prenez d'abord l'intégralité de votre congé maternité ou paternité obligatoire.
- Calculez votre budget : Anticipez la baisse de vos revenus (passage à 70% du salaire net au lieu de 100%).
- Prévenez votre employeur : Envoyez une demande officielle écrite au moins 1 mois avant le début du congé (délai standard). Si vous l'enchaînez immédiatement après un congé paternité, le délai de prévenance tombe à 15 jours.
Congé de naissance 2026 vs Congé parental (PreParE)
Ces deux dispositifs se complètent mais obéissent à des règles très différentes.
| Caractéristique | Congé de naissance (2026) | Congé parental (PreParE) |
|---|---|---|
| Durée | 1 à 2 mois par parent | Jusqu'aux 3 ans de l'enfant |
| Indemnisation | 70 % puis 60 % du salaire net | Forfait de 459,69 € au taux plein |
| Période d'utilisation | Dans les 9 mois après la naissance | Jusqu'au 3e anniversaire |
