En résumé
Le congé maternité 2026 dure 16 semaines pour un premier ou deuxième enfant (6 semaines avant l'accouchement, 10 après), et s'allonge selon votre situation : 26 semaines dès le troisième enfant, 34 semaines pour des jumeaux, 46 semaines pour des triplés ou plus. Il est indemnisé par la Sécurité sociale via des indemnités journalières (IJSS) plafonnées à environ 104 € net par jour en 2026. Au moins 8 semaines sont obligatoires, dont 6 après la naissance : sur cette période, votre employeur n'a pas le droit de vous faire travailler.
Le congé maternité est encadré par le Code de la Sécurité sociale et le Code du travail. Sa durée dépend de votre situation, son indemnisation se calcule au centime près, et plusieurs démarches jalonnent le parcours. La plupart se déclenchent à partir de votre déclaration de grossesse, mais mieux vaut en connaître les règles à l'avance. Voici ce qu'il faut savoir pour 2026.
Combien de temps dure le congé maternité en 2026 ?
La durée dépend du nombre d'enfants que vous attendez et du nombre d'enfants déjà à votre charge. Elle se découpe toujours en deux parties : le congé prénatal (avant la date présumée de l'accouchement) et le congé postnatal (après).
| Votre situation | Congé prénatal | Congé postnatal | Durée totale |
|---|---|---|---|
| 1er ou 2e enfant (0 ou 1 enfant déjà à charge) | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
| 3e enfant ou plus (2 enfants ou plus à charge) | 8 semaines | 18 semaines | 26 semaines |
| Jumeaux | 12 semaines | 22 semaines | 34 semaines |
| Triplés ou plus | 24 semaines | 22 semaines | 46 semaines |
Durées légales du congé maternité d'une salariée en 2026 (source : service-public.gouv.fr).
Deux ajustements sont possibles autour de ces durées :
- Reporter une partie du prénatal sur le postnatal. Vous pouvez avancer votre reprise en décalant jusqu'à 3 semaines de congé prénatal après l'accouchement, à condition d'obtenir l'accord de votre médecin ou de votre sage-femme. Utile si vous préférez passer plus de temps avec le bébé une fois né.
- Le congé pathologique. En cas d'état pathologique lié à la grossesse, votre médecin peut prescrire jusqu'à 2 semaines supplémentaires avant l'accouchement. Après la naissance, des couches pathologiques peuvent ouvrir droit à jusqu'à 4 semaines de plus. Ces prolongations sont indemnisées, mais suivent des règles distinctes du congé maternité classique.
Combien touche-t-on ? Les indemnités journalières (IJSS)
Pendant le congé maternité, vous ne touchez pas votre salaire mais des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS), versées par votre CPAM. Le calcul officiel se fait en trois temps :
- La Sécu additionne vos 3 derniers salaires bruts, retenus dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (soit 4 005 € en 2026).
- Elle divise ce total par 91,25 pour obtenir votre salaire journalier de base.
- Elle applique une déduction forfaitaire de 21 % (représentant les cotisations et contributions sociales salariales) pour obtenir le montant de votre indemnité journalière.
En 2026, ce plafond donne un salaire journalier de base maximal d'environ 131,67 €, ramené après la déduction forfaitaire de 21 % à une indemnité journalière d'au plus 104,02 € (montant encore soumis à la CSG-CRDS et à l'impôt sur le revenu). Sous le plafond, l'IJSS reproduit assez fidèlement votre salaire net habituel. Les indemnités sont versées tous les jours, week-ends et jours fériés compris, et sans délai de carence, dès le premier jour du congé.
| Salaire brut mensuel | IJSS nette estimée / jour | Total estimé sur 16 semaines |
|---|---|---|
| 1 800 € | ~47 € | ~5 250 € |
| 2 500 € | ~65 € | ~7 300 € |
| 3 500 € | ~91 € | ~10 200 € |
| ≥ 4 005 € (plafond) | 104,02 € (max) | ~11 650 € |
Estimations indicatives 2026 pour un congé de 16 semaines (112 jours indemnisés). Pour le montant exact, fiez-vous à l'attestation de salaire transmise par votre employeur ou au simulateur officiel d'ameli.fr.
Le maintien de salaire : vérifiez votre convention collective
De nombreuses conventions collectives (banque, assurance, métallurgie, Syntec…) et accords d'entreprise prévoient un maintien de salaire intégral pendant le congé maternité : la Sécu verse les IJSS, et l'employeur complète pour atteindre votre salaire net habituel. Si votre rémunération dépasse le plafond de 4 005 €, ce complément peut représenter plusieurs centaines d'euros par mois. C'est l'une des aides souvent oubliées par les futurs parents. Lisez votre convention ou interrogez votre service RH avant votre départ.
Qui a droit au congé maternité ? Les conditions
Le congé maternité est ouvert à toutes les salariées, quels que soient leur ancienneté et leur type de contrat. Pour percevoir les indemnités journalières, il faut toutefois remplir des conditions d'affiliation à l'Assurance Maladie :
- justifier d'au moins 6 mois d'affiliation en tant qu'assurée exerçant une activité professionnelle, à la date présumée de l'accouchement ;
- et avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédents (ou 600 heures sur l'année pour les contrats courts, ou avoir cotisé sur une base d'au moins 1 015 fois le SMIC horaire sur 6 mois).
En pratique, la quasi-totalité des salariées en CDI ou en CDD en cours remplissent ces conditions sans le savoir.
Indépendantes et fonctionnaires : des règles spécifiques
Le régime décrit ici est celui des salariées du privé. Deux statuts obéissent à des règles distinctes que nous détaillerons dans des guides dédiés :
- Travailleuses indépendantes et auto-entrepreneuses : en plus des indemnités journalières forfaitaires (environ 65,84 € par jour en 2026), elles perçoivent une allocation forfaitaire de repos maternel égale au plafond mensuel de la Sécu (4 005 €), versée en deux fois. Détails sur ameli.fr.
- Fonctionnaires : elles conservent leur plein traitement pendant toute la durée du congé, calquée sur celle du régime général.
Les 8 semaines obligatoires
Même si le congé maternité peut, en théorie, être raccourci, la loi impose un arrêt minimum de 8 semaines, dont 6 après l'accouchement. Sur cette période, l'entreprise a interdiction de vous employer, y compris si vous et elle êtes d'accord pour une reprise anticipée.
Renoncer aux semaines facultatives est possible, mais rarement dans votre intérêt : chaque semaine non prise est une semaine d'indemnités journalières en moins. Le report de 3 semaines de prénatal vers le postnatal (vu plus haut) reste la seule vraie souplesse à connaître.
Démarches : déclarer, transmettre, être payée
Le congé maternité repose sur un enchaînement simple, à condition de ne rater aucune étape.
- Déclarez votre grossesse. Tout part de là. Le premier examen prénatal, réalisé avant la fin du 3e mois, déclenche l'ouverture de vos droits. Nous détaillons la procédure complète dans notre guide Déclarer sa grossesse à la CAF. La même déclaration part vers la CAF et vers la CPAM.
- Votre employeur transmet l'attestation de salaire. C'est ce document, envoyé à la CPAM via la Déclaration Sociale Nominative (DSN), qui déclenche le calcul et le versement de vos IJSS. Vous n'avez en principe rien à faire de plus.
- Vérifiez votre compte ameli. Dans les jours qui suivent le début du congé, contrôlez que la déclaration a bien été enregistrée. Si rien n'apparaît sous deux semaines, relancez votre service RH. La documentation officielle complète est sur ameli.fr.
Après le congé maternité : PreParE, CMG et aides CAF
Le congé maternité terminé, d'autres dispositifs prennent le relais. À la naissance, la CAF verse plusieurs prestations : la prime de naissance (1 093,11 €, sous conditions de ressources), puis l'allocation de base de la PAJE (jusqu'à 198,16 € par mois à taux plein) pour aider à assumer les dépenses du quotidien.
Pour prolonger votre présence auprès de l'enfant, deux voies s'ouvrent ensuite : le nouveau congé de naissance (voir plus bas), puis la PreParE (prestation partagée d'éducation de l'enfant), qui atteint 459,69 € par mois en cas de cessation totale d'activité. Notre guide PreParE en détaille durées et montants. Au moment de la reprise, le complément de libre choix du mode de garde (CMG) allège le coût de la crèche ou de l'assistante maternelle.
Plutôt que de faire les calculs à la main, estimez l'ensemble de ces aides en 2 minutes avec notre simulateur : il chiffre prime, allocation de base, PreParE, CMG et crédit d'impôt à partir de vos revenus.
Congé maternité et nouveau congé de naissance 2026 : comment ils s'articulent
La grande nouveauté de 2026 ne modifie pas le congé maternité lui-même. Depuis le 1er juillet 2026, un dispositif s'ajoute : le congé supplémentaire de naissance, qui permet à chaque parent de bénéficier de 1 à 2 mois de congé indemnisés à 70 % puis 60 % du salaire, à prendre dans les 9 mois suivant la naissance.
Une mère salariée peut ainsi enchaîner :
- son congé maternité (16 semaines ou plus, indemnisé via les IJSS) ;
- puis le nouveau congé de naissance (1 à 2 mois à 70 puis 60 %, voir notre guide dédié) ;
- et éventuellement la PreParE pour aller plus loin.
Côté second parent, la logique est la même à partir du congé paternité de 28 jours. Attention à anticiper la baisse de revenus : l'écart entre le maintien de salaire du congé maternité et les 70/60 % du nouveau congé peut peser sur le budget de l'année de naissance, d'où l'intérêt de tout chiffrer à l'avance.
En complément : les sources officielles
Pour vérifier votre situation précise et les montants applicables à votre cas :
- Congé maternité sur ameli.fr (durées, indemnités, démarches CPAM)
- Congé de maternité d'une salariée sur service-public.gouv.fr (cadre légal et durées)
- caf.fr (prime de naissance, allocation de base, PreParE, CMG)
